Burstscratch, la création, l’apprentissage, l’évolution

Burstscratch, association de cinéma expérimental, est né de la volonté d’un collectif d’artistes, toujours représenté à l’heure actuelle par 3 de ses membres fondateurs :

  • Silvi Simon (artiste cinéaste plasticienne)
  • Laurence Barbier (cinéaste travaillant pour le spectacle vivant, régisseuse vidéo)
  • Laurent Berger (cinéaste, musicien, projectionniste)

 

Ces trois membres ont commencé leur pratique du cinéma artisanal à l’atelier MTK de Grenoble. Atelier phare et pilier historique de cette pratique. MTK ouvert à tous fut vite surchargé de demandes et requètes. En quelques sorte victime de son succés, un appel à l’ensemble des artistes venant y travailler fut lancé, pour encourager chacun à créer de nouvelles structures d’atelier-laboratoire. C’est ainsi que naquit Burstscratch, parmi d’autres laboratoire en france, dont on peut citer l’Abominable, Mire et l’Etna. Conséquent de ce bourgeonnement de labos et faisant suite à une revue, L’ébouillantée, le réseau filmlabs.org, oeuvrant pour une mutualisation des connaissances, vit le jour, sous forme d’un site internet, recenssant en open-source nombre d’informations en tout genre. Comment développer, comment réparer un projecteur, ou récupérer telle pièce et où trouver la chimie nécessaire au traitement argentique sont le genre d’informations que ce site laisse à disposition de chacun. Plus tard, ce réseau s’est ouvert à l’étranger et des laboratoires-ateliers des quatres coins du monde y participent aujourd’hui.

 

Evidemment, il y a sous-jacent à cette activité, une vision politique et esthétique de la pratique du cinéma, c’est elle, autant que l’aspect technique, qui rassemble ces collectifs au sein de ce réseau.

C’est en somme les éléments théoriques qui jètent les bases du cinéma étendu (extended cinema), portant son nom pour signaler le manque à gagner que le cinéma s’impose en se restreignant à la forme narrative la plus commune, quand il est possible d’en faire tellement plus à base de pellicule.

 

Ainsi ce réseau ne cesse d’étendre les possibles de ce medium qu’est la pellicule. Installations utilisant boucleurs et autres prismes, performances faisant jouer plusieurs projecteurs à la fois, recherche esthétique sans cesse augmentée par la lecture et l’utilisation artisanale des techniques commerciales, sont les atouts majeurs des artistes de ce réseau.

 

A l’heure ou les laboratoire commerciaux ferment les uns après les autres pour se plier aux lois des marchés, la démarche de Burstscratch ainsi que celle des autres laboratoires prend une tournure de résistance et incite à étendre encore la zone d’autonomie des ces laboratoires-atelier. C’est ainsi par exemple, que prenant un pas d’avance sur la fin des activités de production de pellicule du fabriquant n°1 qu’est Kodack (Kodack à fermé nombre de ses usines pendant les dix dernières années) les laboratoires Filmwerkplaats de Rotterdam, l’Abominable de Paris et MTK de Grenoble on lançées les premières expériences de fabrication artisanale de pellicule photosensible. Les membres de Burstscratch ont participés à cette recherche et une expérience telle à été menée dans les locaux de Burstscratch, à Strasbourg, au printemps 2016. Cela bien entendu dans le but de pérenniser cette pratique, il est inconcevable et inacceptable qu’un diktat économique signe la fin d’une pratique artistique.

 

Ces laboratoires se sont réunis à Nantes en juillet 2016, à l’initiative de Mire, et y étaient présents des représentants de plus d’une quarantaine de labos dispersés aux quatres coins du monde. C’est en somme la fine fleur du cinéma expérimentale qui s’est réunie à Nantes. Discussions et débats pour améliorer encore le fonctionnement de ce réseau ainsi que projections et ateliers étaient au programme. Un article résumant cette rencontre à été publié dans les cahiers du cinéma de septembre 2016 mettant en exergue les points développés ci-dessus. (cf annexe) Le collectif Burstscratch s’est bien entendu rendu à cette rencontre pour affirmer son appartenance et sa participation au réseau. Des films de Laurent Berger et Laurence Barbier y ont été projetés.

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